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nous vivons une époque formidable

Et sans doute notre temps… préfère l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité, l’apparence à l’être… Ce qui est sacré pour lui, ce n’est que l’illusion, mais ce qui est profane c’est la vérité. Feuerbach



Qu’est-ce qu’être un homme ou une femme politique aujourd’hui ?

Certainement pas un homme ou une femme de conviction avec une vision cohérente de la société et un projet ambitieux pour lequel il est prêt à se sacrifier corps et âme.

 

L’homme ou la femme politique d’aujourd’hui est un narcissique préoccupé par son image. Il se contente surtout de chercher à gagner des électeurs. Friand des sondages, qu’il commande souvent lui-même, il détermine les catégories sociales et les groupes de personnes (segments) dont il peut espérer le soutien, il élabore alors quelques slogans accrocheurs pour les séduire. Il annonce des mesures, souvent incohérentes, dont il ne croit pas lui-même ni à leur efficacité ni à leur faisabilité.

 

Il en va de même de l’intellectuel et de l’écrivain moderne. Obsédé par le chiffre de ventes de ses livres, il détermine son sujet et son style en fonction des attentes du marché et de la demande des directeurs de marketing des maisons d’édition. Fini le combat d’idées, remplacé par la simple présentation de sujets et de thèmes susceptibles de bien passer sur les écrans cathodiques, passages obligés pour mieux (se) vendre.

 

Mais peut-être que nous n'avons que les hommes politiques et les écrivains que nous méritons. Ne vivons-nous pas dans une époque formidable ?

Commentaires

  • Bonjour Kalima,

    Cette note est d'autant plus intéressante que ns sommes en pré-élections. Ce qui l'est moins, bien entendu, c'est le défilé des gugusses - politiques et intellectuels - devant l'écran cathodique.

    Je pense seulement à E. Cioran : il a tjrs refusé d'accorder son image aux journalistes et l'on possède au final, très peu de documents le concernant. J'ai eu la chance, il y a quelques années, d'enregistrer une émission exceptionnelle que j'ai vue mille fois... elle doit en être presque effacée !

    Et que voulez-vous, vendre un livre, ça chiffre ! comment résister ?

    Mais je ferai la même conclusion que celle de votre note : si cela se passe comme cela, c'est parce qu'il y a preneur...

  • Cet article me touche infiniment.

    Il dit très clairement les préoccupations de tous qui conduisent inexorablement à abdiquer de ce droit si difficilement conquis
    qui est celui de voter.

    nous vivons dans un monde de
    profusion de Je isolés
    qui trouvent dans les médias ou sur la toile un lieu où tutoyer la lumière

    les médias sont coupables et largement de cette incitation à
    se mettre à nu
    société pornographique à tous niveaux...

  • Comme l'a écrit Primo Levi dans "Si c'est un Homme":
    "Chaque nation finit par obtenir le bourreau qu'elle mérite".
    Nos peuples vénérant la bêtise, comment s'étonner de n'avoir que des têtes creuses pour nous représenter?

  • Ce qui est surprenant, c'Est que ton texte pourrait être appliquée à la plupart des pays et peuple de ce bas monde. Je ne sais pas si c'Est la mondialisation, mais ça lui ressemble :)

  • Endora > jusqu'au début des années 80, les ouvrages de Cioran n'étaient édités qu'à petit tirage, il a vécu de peu dans une chambre sous les toits au quatrième étage sans ascenceur, il a continué à manger au Resto U même après ses 40 ans parcequ'on y mangait pour quelques sous, cela ne l'a pas empêché de produire l'une des oeuvres les plus significatives et les plus hautement spirituelles du 20ème siècle.

    Si sa pensée gardera un sens pour les époques à venir, c'est peut-être parcequ'il a su rester sourd aux futilités de son époque.

    viviane> l'internet finira par détrôner la tv reine qui trône dans les salons de nos comtemporains, pour l"instant il est encore tôt à mes yeux pour affirmer que c'est pour le pire.
    En tout cas, le net semble recréer du lien entre les "JE" isolés, reste à savoir si ces liens seront solides et pas seulement virtuels et si le "Nous" qui va en naître aura assez de sagesse,

    daniela> Primo lévy a connu de près l'humain comme la bête qui habite l'Homme, il sait donc de quoi il parle.

  • "La main ne sais pas forcément ce que fait le pied, mais l'une comme l'autre se portent bcp mieux
    quand elles sont rattachées au même corps,
    pourvu que son coeur battent encore.

    Il en vas de même pour Gaïa,
    sur laquelle nous nous agitons vainement,
    mais sans laquelle nous ne serions
    que poussières flottant dans l'infini."

    Aristodémos de Cumes.

  • reda> tout à fait, la prédomionance d'une seule idéologie "l'ultraliberalisme économique", le fait que l'économique a pris le dessus sur le politique et que les décisions importantes sont prises par les mêmes instances supranationales comme l'OCDE, le G8, ... expliquent certainment la prédominance de ma figure de l'homme politique dont j'ai parlé dans mon billet

  • On vit effectivement dans une civilisation de l'image et du marketing et où l'on raisonne et décortique au préalable toutes les démarches pour mieux vendre ou se vendre. La question qu'on peut se poser peut-être est de savoir s'il y a vraiment un changement fondamental par rapport aux époques antérieures. Dans la forme certainement. Dans le fond, je n'ai pas l'impression.

    La recherche de pouvoir est une constante de l'ego. Elle implique un écrasement, une utilisation, de tous les autres egos par tous les moyens, séduction, ruse, peur... Tous les hommes politiques (Alexandre, empereurs chinois, sénat romain, Mao, Mitterand, Saddam...) ont été mus par cette quête.

    Si les peuples qu'ils dirigeaient ont parfois tiré profit de leurs actions, en jouissant épisodiquement d'un cadre de paix ou de prospérité, il n'est pas sûr du tout que cela ait été volontaire. Ces mêmes hommes politiques pratiquaient un "marketing" empirique, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose : ils fonctionnaient ou bien sur la terreur, ou bien en s'appuyant sur des convictions communément admises ou des "évidences" chez les populations qu'ils dominaient et qu'ils pouvaient ainsi mobiliser plus facilement pour servir leurs propres desseins.

    La marque première des hommes politiques a toujours été la stratégie, les calculs, les manoeuvres. La bienfaisance et la notion de bien public pour eux est secondaire. Les hommes politiques d'aujourd'hui, consciemment ou non, vendent leurs salades avec les moyens dont ils disposent et notamment par un "travail" de leur image.

    Pour les hommes de lettres, idem. Les écrivains du XVIII ème siècle par exemple, pour connaître la gloire, allaient à la soupe : ils produisaient des billets, des libelles, versifiaient de vraies conneries (pour nous aujourd'hui), produisaient des pièces de théatre ... intervenaient dans des genres conformes à l'attente des gens de leur époque, et qui nous laissent souvent froids aujourd'hui. Ils faisaient du marketing et étaient en plein dans la comédie de leur siècle.

    Avant, pour être connu, recevoir des pensions, il fallait être admis à la Cour; aujourd'hui il faut passer à la télé, s'appeler Sevran... Le talent a toujours moins compté que la visibilité au bon endroit.

    Il est vrai que de temps en temps apparaissent des "génies" politiques, littéraires, en peinture, en musique etc, génies qui rompent un moment avec tout ce qui se fait. Mais très vite les cloportes, les "normaux", les suiveurs, les moi-je moi-je, re-submergent l'avant-scène, en se mettant au goût du jour, en plagiant les premiers ou en embrayant comme des moutons sur leurs discours ou leurs oeuvres . Pour être à la mode. Pour leur marketing personnel, leur image, leur quête de notoriété et de pouvoir, ne serait-ce que dans un cénacle.
    Le travail de l'image, le marketing sont une constante.

    Dissimuler, enjoliver, maquiller, porter un masque jusqu'à confondre son masque avec sa vraie personnalité, sont une constante de la nature humaine. Les hommes politique sont des hommes, donc les hommes politiques, comme ne l'a pas dit Socrate, sont des joueurs de pipeau.

  • merci yves pour cette superbe analyse, j'y adhère.

  • "il est adorable votre bébé"
    "là, c'est rien, si vous pouviez le voir en photo !"

    l'image est là
    et l'on imagine plus rien

  • l'être qui laisse place au paraître, sorte de théorie du caméléon et le pire certainement c'est que cette avidité de pouvoir et de populisme ronge peu à peu les rouages essentiels de l'humain mais hélas comme tu l'écris, peut-être n'avons-nous que ce que nous méritons...

  • Bonjour
    Tes propos sont valables pour tous les pays...c'est kif kif...
    J'ai vu sur ton weblog un lien avec le site du poète Adonis.
    Alors je viendrai souvent te lire avec un immense plaisir.

    Amitiés

    Mohamed du Maroc

  • Je me rejoins à Jerroudi... et je reviendrai sûrement et sans tarder.
    RAFRAFI

  • Bonjour Kalima,

    Je furetais sur le net et je suis tombé par hasard sur ton blogue. Quelle belle surprise! Je suis amoureux de ta plume et je crois me devoir d'y revenir régulièrement(devoir que je m'impose avec un réel plaisir).

    Sinon, pour ne pas t'ennuyer avec ces éloges qui ne sied pas au bonheur que tu viens de me procurer, je vais tâcher de commenter ta note.

    Je dirais que je suis entièrement daccord: que ce soit la politique ou le littéraire, l'art de satisfaire, de charmer, de plaire à la plus grande majorité est devenu quelque chose primordiale, au risque de copromettre la vérité. Ceci n'affecte pas seulement la scène politique ou littéraire mais aussi les relations sociales entre les gens: le couple, la famille, les amis, le travail. Je crois que c'est l'un des plus grand maux, pour ne pas dire le plus grand, de notre siècle. Tout est devenu supperficiel, artificiel. Je ne suis donc pas surpris de voir la même chose chez nos politiciens.

    Personellement, je crois que l'on vit dans une époque de désillusion. Comme ce moyen-âge, l'âge la plus sombre de l'Histoire, qui a suivit l'ère glorieuse des "chercheurs de sagesse"(philosophes) grecs, des idéalistes romains. Nous vivons ici la désillusion des rêves que nous ont laissé nos ancêstres, ceux qui parlaient d'un monde de liberté, d'égalité et de fraternité.

    Malgré tout, je suis daccord avec toi c'est une époque formidable: c'est celle d'une fin mais aussi d'un début, d'une révolution qui lentement frappe les gens. Nous sommes à un mur et nous n'avons pas le choix de nous ouvrir les yeux et de changer. Changer pour le mieux ou pour le pire, ça je ne le sais pas mais j'ai confiance à l'Homme, à son désir de survivre, de grandir, à son rêve d'un monde en paix.

    Au final, je te laisserais avec cette petite réflexion d'un ami que je ne connais que par l'histoire: "La bonne politique est de faire croire aux peuples qu'ils sont libres" (N. Bonaparte)

    Bonne continuation pour ton blogue,
    R. alias Le Fou

  • Je ne partage pas du tout le propos d'Yves sur la nature humaine. Savons-nous quoi que ce soit de certain sur cette nature ?

    Je ne partage non plus le propos de Le Fou sur le Moyen-Age. Une période qui vit vivre et penser Jean Scot, Dun Scot, Abélard, Albert le Grand, Thomas d'Aquin, Guillaume d'Ockham et Pétrarque, pour ne citer que ceux-là, ne le cède en rien à la période d'Héraclite, de Parménide, de Socrate, de Platon, d'Aristote, de Plotin et de Porphyre.

  • Bien sûr le Moyen-Âge a eut de grands penseurs, je ne dit pas cela.

    Si l'on prend l'exemple d'Athène, société quasi-parfaite sur tout les plans: on pouvait voir des citoyens qui se respectaient mais aussi qui respectaient le savoir, la sagesse. Ils tachaient d'améliorer le monde, selon leur propre connaissance de ce qu'il était. Aujourd'hui, nous vivons dans l'ombre de la pensée-magique, de l'avoir plus que de l'être, du faux plus que du vraie.

    Quand je considére le Moyen-Âge comme une période sinistre c'est que la grande majorité des gens n'avaient aucune ambition à changer leur monde: ils se contentaient d'y vivre et d'y mourir sans vraiment rien n'avoir entreprit pour l'améliorer. Maintenant, si on regarde l'époque antique qui a précédé ces âges obscrures, l'ont peut constaté que c'est une vraie "désillusion" qui s'est déroulé: entre l'espoir, le rêve, la foi en des vérités absolues on a préféré la haine, la violence et la destruction. Plus tard, les Lumières, animés par les Anciens, ont repris la reléve et on éclairait à nouveau le monde. Depuis, il y eut les Enfants des Lumières, de grands auteurs, de grandes têtes pensantes, des poètes et même des politiciens, qui eux même recherchaient un monde d'égalité, de savoir, de connaissance.

    Aujourd'hui, que voit-on? Une grande "désillusion" car peu à peu nous perdons foi en ces croyances que nous ont légué nos ancêstres; certains droits, pour lesquels nos pères se sont battus, sont bafoués; la relation entre les gens est superficiel; la démocratie, héritage des Anciens, n'a plus sa place et est même corrompu; nous vivons dans un monde où des choses que l'ont croyait vraies, irrévocables, essentiels sont remis en question, voir oubliées.

  • Athènes, société quasi parfaite ? Il suffit de lire Platon, sinon Xénophon ou Aristote, pour apprendre qu'il y avait là une grande majorité de gens qui n'avaient aucune ambition de changer leur monde. C'est un erreur commune à notre temps d'ignorance de prendre l'idéal politique des philosophes grecs pour la réalité politique de leur temps. C'est d'ailleurs une erreur qui a ses titres, puisque Hegel s'y enganna. La réalité politique athénienne était, par une anticipation curieuse, proprement machiavélienne : l'intérêt d'Athènes über alles.

    C'est encore une erreur commune de notre temps d'ignorance de croire que les soi-disantes Lumières ont puisé leurs idées chez les Anciens. Le tournant moderne, la rupture avec la tradition classique, amorcée par Machiavel puis théorisée par Hobbes et Locke et la révolution scientifique qui la suit sont antérieures à ces demies lumières, comme disait Dom Deschamps. C'est dans ce tournant et cette rupture que celles-ci puisent leurs idées.

    C'est enfin une erreur encore plus commune de notre temps d'ignorance de croire que la démocratie libérale est héritée de la démocratie athénienne. Il n'est donc étonnant de lire que la démocratie moderne bafoue l'ancienne. La démocratie moderne est fondée sur la propriété privée, conséquence politiquement nécessaire de la conception hobbienne de l'être humain comme étant mu par la peur de la mort et l'obsession de sa conservation, sentiments qui, si l'on en croit les Anciens, ne préoccupaient guère leurs contemporains.

    Il n'est donc pas étonnant que l'accumulation de tant d'erreurs désarçonnent les plus fervents partisans de la modernité et de l'évolution comme progrès.

  • Je voulais écrire quelque chose, et puis à force de lire les commentaires, j'ai oublié, et je me rends compte que je devrais me plonger dans des livres d'histoires.

    J'aime bien cet article.

  • merci pour intiresny Dieu

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