13.01.2009
qui a perdu à Gaza ?
Assez ! Salauds fascinés que vous êtes par vos muscles d'acier, vos rayons laser, vos bombes en grappes, vos bombes à implosion... Assez !
Mahmoud Darwich in Une mémoire pour l'oubli
Quelque soit l'issue de la guerre menée actuellement contre Gaza, on peut déjà considérer que l'état d'Israël l'a perdu sur le plan moral.
En effet, comment peut-on légitimer les punitions collectives, le massacre de centaines de civils dont la moitié est composée d'enfants, de femmes et de vieillards ?
Comment peut-on justifier la destruction systématique de milliers d'habitations, de dizaines d'écoles et de mosquées ?
La force a aveuglé les dirigeants d'Israël. Utiliser les armes les plus sophistiquées, massacrer des centaines de civils, transformer en enfer la vie quotidienne d'un million et demi de personnes déjà affamés, affaiblis et isolés par un blocus qui dure depuis des mois parce que le Hamas a lancé quelques roquettes bricolées qui ont fait quatre blessés et quelques dégâts matériels, cela s'appelle bien démesure, disproportion et folie de puissance. Cela s'appelle tout simplement crimes de guerre.
Israël payera sa folie tôt ou tard. Même si elle va utiliser tous les moyens de propagande et de pression dont elle dispose, elle ne pourra effacer le souvenir des horreurs et crimes commis par son armée. Plusieurs générations à travers le monde ont assisté en direct à des carnages, enfants et femmes tués, mutilés, brûlés, des images de bombes à phosphore blanc lancés sur des zones très peuplées. Ces générations lui demanderont certainement, d'une manière ou d'une autre, des comptes.
Israël a perdu devant la consicence mondiale et face à l'Histoire.
Quelques articles intéressants :
Israël face à la conscience des peuples de l'écrivain Israëlien Uri AVNERY
Entretien avec Stéphane Hessel ancien résistant et déporté Français qui a notamment rédigé la déclaration des droits de l'homme en 1948
Il s''agit de punir les Palestiniens du seul fait qu'ils continuent à exister : entretien avec l'écrivain et militant de la paix Israélien Michel Warschawski
deux aritcles sur le traitement médiatique de la guerre contre Gaza : sous couvert de neutralité et de sources bien informées
Gaza, la trahison des clercs de Mezri Haddad
20:12 Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : gaza, palestine, israel, proche orient, crime de guerre, drits de l'homme, démocratie
21.06.2008
Le problème de l'eau au Maroc (la chasse d'eau et les poètes)
Pour trouver l'inspiration, certains écrivains ont besoin de s'isoler dans des endroits assez insolites. Faulkner et Garcia Marquez avaient une prédilection pour les bordels. Kafka aimait se réfugier dans sa cave pour écrire. Un auteur Français s'est enfemé durant des mois dans sa salle de bain pour écrire un roman. Le champion de tous est certainement le poète Anglais John Harington (1561-1612) qui préférait s'isoler dans les toilettes. Pourquoi le choix d'un tel endroit inhospitalier ? Etait-ce le seul lieu où sa muse lui fixait des rendez-vous ? ou bien Harington considérait-il la poésie comme une manière de vider ses tripes et voulait-il ainsi joindre l'utile à l'agréable ?
En tout cas, Harington n'a pas connu la célébrité grâce aux poèmes qui lui furent inspirés dans les Water Closed, mais plutôt parce qu'il fut l'inventeur en 1595 du premier système de chasse d'eau de l'histoire.
A la fin du 19ème siècle, avec l'arrivée de l'eau courante dans les appartements, la chasse d'eau se diffusa dans toute l'Europe. Puis durant le XXème siècle, avec la généralisation du mode de vie occidental, la chasse d'eau fut unanimement adoptée aux quatre coins de la planète.
L'humanité doit beaucoup au poète Harington. Grâce à son invention, la vie est devenue plus confortable. Fini les mauvaises odeurs et les essaims de mouches dans les appartements. Fini les longues escapades à la recherche d'un coin isolé pour faire ses besoins loin du regard des voyeurs et autres pervers, escapades qui relevaient parfois de l'aventure surtout la nuit ou durant les hivers glacials. Mais l'inconvénient, c'est qu'une chasse d'eau ça consomme énormément. Elle devient un réel fléau dans les régions désertiques et sèches.
D'après un rapport récent de la Banque mondiale, la soif guette le Maroc à l'horizon 2050. La disponibilité de l'eau par habitant diminuera de moitié. Il faut donc engager des réformes sur le plan politique et technique et mettre un terme au gaspillage de l'eau.
En particulier, il faut absolument trouver un système alternatif à la chasse d'eau au moins dans les régions sèches. Rappelons qu'avant la généralisation de la chasse d'eau dans les habitations au Maroc, il existait des systèmes traditionnels assez ingénieux pour évacuer les excréments et la puanteur qui s'en dégageait. Par exemple, dans la ville de Figuig, située dans une oasis, le trou qui se trouvait dans la pièce qui servait de toilettes était relié par un tunnel aux jardins maraîchers. Le tunnel était creusé astucieusement de sorte que les mauvaises odeurs ne remontaient pas pour empester les appartements du Ksar. En plus les excréments étaient récupérés pour servir d'engrais naturel. On ne peut que regretter le fait que les architectes Marocains n'aient gardé de l'architecture traditionnelle de leur pays que les ornements et les mosaïques.
Face à l'incompétence des architectes Marocains et autres experts, le ministère de l'équipement de sa Majesté devrait songer à recruter quelques poètes. Ceci aura l'avantage de faire vivre les poètes Marocains qui ont du mal à joindre les deux bouts, et en plus peut-être qu'il se trouvera parmi eux un Harington qui aura assez d'inspiration pour inventer un système capable de mettre fin aux gaspillages et déperdition de cette denrée rare qu'est devenue l'eau.
17:42 Publié dans chroniques marocaines, Etat des lieux, poésie | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : maroc, maghreb, politique, poesie, litterature
13.06.2008
par delà le bien et le mal
Lorsqu'un chat enfonce ses griffes dans le corps d'une souris, il ne s'interroge pas sur la souffrance qu'il engendre. Il ne fait que perpétuer un instinct. Il se contente de répondre au besoin vital de se nourrir.
Jusqu'à preuve du contraire, il n'y a pas eu chez nos amis mammifères carnassiers une minette comme Brigitte Bardot pour s'indigner du sort réservé par ses pairs aux rongeurs, aux oiseaux ou aux poissons. Mis à part dans un épisode de Tom et Jerry, on n'a jamais vu des chats constituer une société de protection des souris ou condamner les atrocités commises par leurs semblables. Normal, le chat est incapable de s'identifier à l'une de ses proies pour ressentir la souffrance qu'il lui inflige.
Contrairement à l'animal, l'homme est capable de se projeter dans la peau d'autrui, il peut donc éprouver ce que ressent l'autre. Cette faculté peut engendrer chez lui de la compassion, de l'empathie et une volonté de protéger le plus faible. Elle peut le conduire à transformer ses pulsions destructrices en idéal du Bien. Mais paradoxalement, elle peut aussi créer chez lui un comportement sadique ou un désir de vengeance. Elle peut le précipiter dans le camp du Mal.
Le monde animal est exclu du mal. On n'a pas encore vu des animaux inventer des camps de concentration, des outils ingénieux de torture, des goulags ou des guerres saintes. L'animal le plus cruel ne jouit pas du mal, l'homme oui.
18:12 Publié dans Etat des lieux | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note | Tags : politique, morale, société, philosophie
01.06.2008
la vie rêvée d'un Rmiste
Suite à une discussion avec un ami artiste Rmiste, j'ai écrit ce billet que je dédie à tous les anciens et les futurs Rmistes qui sont de plus en plus nombreux.
"9 = 447,91" :
Aux yeux d'un matheux, cette égalité est absurde, elle n'a aucun sens. Seul un Rmiste comme moi est capable de déceler la magie qu'elle recèle. Seul un Rmiste possède la clé pour déchiffrer une telle égalité. Le 9 de chaque mois, le montant du RMI, soit environ 447,91 € est viré sur mon compte bancaire.
Depuis que je suis au RMI, j'ai perdu le sens commun des chiffres. je me suis même inventé une nouvelle arithmétique. Tous les chiffres ne sonnent pas pareil à mes oreilles. De toute façon certains ne sont plus audibles comme par exemple les chiffres qui finissent par plus de 3 zéros. La case des milliers a disparu depuis longtemps de mes relevés bancaires. Je me sens largué dès que j'entends une conversation à propos des prix de voitures ou du loyer de certains appartements.
J'ai aussi inventé un calendrier original. Pour moi, les mois ne commencent pas le 1er mais plutôt le 9ème jour. J'ai confectionné un calendrier que j'ai accroché derrière la porte d'entrée de mon appartement. Sur ce calendrier, les mois commencent donc le 9. J'ai inscrit sur chaque case correpondant à ce jour "Saint RMI".
Ecologiste malgré moi :
Je n'ai pas de voiture. Je me déplace toujours à pieds ou à vélo. Je n'achète pas de produit cosmétique. J'utilise très peu de produit vaisselle et de détergent. J'ai appris à me débrouiller autrement.
Je consomme très peu. La "débrouille et la récup", voilà mon crédo. Je produis donc très peu de déchets. Ma télé, récupérée chez des amis, date des année 80, mon four et mon frigo aussi. Vu le prix actuel de l'électricité, j'ai ppris à ne l'utiliser qu'en cas de nécessité. J'ai découvert ainsi le charme de l'obscurité. Je sais me débrouiller dans le noir. Vous-vus demandez peut-être comment... Eh bien, exactement comme tout être humain ayant vécu avant Thomas Edison et sa lampe à incandéscence.
Comme la plupart des Rmistes, Je pollue très peu. Et comme eux je n'ai rien à me reprocher concernant le trou d'ozone. C'est pour ça que je revendique le droit de tout Rmiste à une prime annuelle spéciale "respect de la nature". On n'a qu'à taxer plus ceux qui possèdent une voiture, ceux qui changent souvent de télé, ceux qui raffolent de produits cosmétiques, ceux qui ne savent plus laver leur vaisselle et leurs affaires à la manière traditionelle.
"Vous me le faites à combien ?" :
Au Maroc, marchander les prix est un sport national. Si vous ne marchandez pas, vous risquez de fâcher le vendeur, vous le privez du plaisir qu'il éprouve quand il réussit à vous convaincre d'avoir fait une bonne affaire en vous fourguant une babiole.
En m'installant en France, j'ai perdu cette habitude. Mais depuis que je suis au RMI, J'ai retrouvé la joie de négocier les prix. Vous ne me croirez peut-être pas mais en France, tout peut se marchander, même le prix d'une baguette. On peut parfois l'avoir gratis, il suffit pour cela de se pointer deux minutes avant la fermeture de la boulangerie.
Comme le nombre de Rmistes et en constante augmentation dans l'Hexagone, je me demande si les Français ne vont pas bientôt dépasser les Marocains dans l'art de marchander les prix.
Mektoub, tout est écrit, dit-on sur la rive sud de la mare nostrum. Mais si la vie était pareille à un livre, mes années RMI ressembleraient alors à ces pages de papier recyclable un peu jaunies. Elles ont "de la gueule" ces pages. On a du mal parfois à les tourner tellement elles sont épaisses et collantes.
Quand il faudra fermer le livre, ce serait sans regretter rien,
J'ai vu tant de gens si mal vivre,
et tant de gens mourir si bien
17:38 Publié dans Etat des lieux | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : société, politique, france, rmi, chomage
23.01.2008
Ceux qui refusent de marcher en file indienne
15:20 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : litterature, poesie, société, politique




