Ma planète me monte à la tête
Autrefois, j'avais trop le respect de la nature, je me mettais devant les choses et les paysages et je laissais faire.
Fini, maintenant j'interviendrai...
(...)
Le vieil oiseau
à la tête fatiguée
aux plumes dépareillées
lavées à l'eau de Javel du temps
qui du haut de l'arbre
se retient de tomber
ivre non pas de l'ivresse guillerette du vin
mais d'avoir trop vu de débuts
qui sait que les débuts ne sont
que de sales pretextes pour faire advenir les fins
cet oiseau se dit
picorant avec difficulté un de ses derniers vermisseaux
mais pourquoi
pourquoi donc m'a-t-on raconté tant d'histoires
à propos du bonheur de la joie
de la délicieuse envie
d'une saison des amours qui aurait duré toute la vie ?
Anouar Benmalek "Ma planète me monte à la tête"

